Le 27 avril 2026, la CNCI et NE-ED ont présenté les résultats d’un sondage mené auprès des entreprises neuchâteloises. Que font-elles en la matière ? Comment s’y sont-elles prises ? Quels sont les freins ? Quels sont les bénéfices ? Réponses à ces questions avec les résultats de l'étude et les commentaires de l'expert Giorgio Giovannini, Directeur et fondateur du bureau mobilidée
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DU SONDAGE ET INTERPRÉTATION – CNCI
- La première question posée était de connaître les mesures déployées par les entreprises pour leurs collaborateurs. La mise à disposition de vestiaires et de douches pour utilisateurs de vélos, la subvention d’abonnements de transports publics ou encore la mise en place de borne(s) de recharge électrique font partie des mesures principales citées par les grandes entreprises. Alors que la mise à disposition de vestiaires et de stationnements sécurisés pour vélos sont majoritairement cités dans les entreprises moyennes, les plus petites entreprises ne sont pas insensibles aux diverses mesures mais le potentiel de développement est plus limité.
- Concernant les personnes qui ont incité les entreprises à mettre en place les mesures, quelle que soit la taille de l’entreprise, il s’agit en grande majorité de la direction. Les collaborateurs jouent un rôle plus signifiant dans les grandes et moyennes entreprises, mais la différence n’est pas très grande.
- S’agissant des motivations à déployer les mesures, d'importantes nuances peuvent être constatées entre les grandes et moyennes entreprises, par rapport aux plus petites. Il ressort également de l’enquête que les mesures ont majoritairement été mises sur pied à l’interne, peu d’entreprises ayant répondu au sondage se sont faites accompagner. Si les petites entreprises n’ont constaté que quelques effets positifs grâce aux mesures, les moyennes et grandes entreprises notent de nombreux points positifs.
- Le frein au déploiement des mesures est principalement la résistance au changement des collaborateurs.
GESTION DE LA MOBILITÉ DES COLLABORATEURS DES ENTREPRISES NEUCHÂTELOISES - GIORGIO GIOVANNINI, DIRECTEUR ET FONDATEUR DU BUREAU MOBILIDÉE
Commentaires sur les résultats
- Au sujet des mesures déployées par les entreprises: "Il est intéressant de noter que le stationnement payant se retrouve à moins de 30% dans les mesures prises par les entreprises, un peu plus élevé que dans les grandes. Pourtant, une offre de stationnement gratuit ou à un prix inférieur au marché donne un signal prix : « Si la place est gratuite, que je peux utiliser le moyen de transport le plus confortable, alors je ne vais pas me poser de questions. Il s'agirait alors donner la même valeur au moins à tous les autres modes de transport. Le signal prix doit être cohérent par rapport à la question à régler. L’objectif est de diminuer la part des gens qui viennent seuls en voiture thermique (une nuance plutôt récente mais importante). La logique forte est alors de donner la même force aux autres moyens de transports. En cas de déséquilibre, il faut le faire en faveur de la mobilité durable. C’est un enjeu majeur pour un certain nombre d’entreprises."
- Au sujet des motivations des entreprises: "Il y a 20 ans, la RSE était un facteur minime et la raison principale était un enjeu de gestion des ressources, de gestion du stationnement. Depuis environ 5 ans, les préoccupations évoluent. La RSE apparaît aujourd’hui comme le motif principal, un réel angle de travail. Même sans problème de stationnement, les entreprises sont intéressées à la mise en place de en matière de mobilité."
- Au sujet des effets observés par les entreprises: "Il s'agit en fait plutôt d'effets désirables que d'effets observés par les entreprises. La baisse des émissions de CO2 est un motif très important, et tous les autres ysont liés. Il s’agit de réfléchir comment diminuer la part de CO2, en limitant la part de transport individuel motorisé."
Points clés pour créer un plan mobilité
- Traitement de tous les modes sur un pied d’égalité: il s'agit de mettre tous les modes de transport sur un pied d’égalité, de donner la même attractivité à tous les modes de transports et de ne pas favoriser le transport motorisé individuel motorisé par une place de parc gratuite. Avec une place de parc sûre et gratuite, la part modale des personnes utilisant la voiture restera toujours plus grande.
- Création d'un écosystème de mesures: de nouvelles mesures ne peuvent pas constamment être inventées, l’enjeu réel est de trouver la combinaison de mesures qui seront intelligibles, désirables, cohérentes et efficaces. Si l’on prend l’exemple du covoiturage, mettre des personnes en relation afin d’effectuer du covoiturage n'est pas suffisant. Cette mesure est à coupler avec une place de stationnement bien située, gratuite ou moins chère que les autres, avec des solutions pour les retours en cas d’imprévus. Cette combinaison incitera les collaborateurs à considérer la proposition de covoiturage.
- Cadre fixé par l’entreprise: un plan de mobilité a pour but d’influencer les comportements en matière de mobilité. Ce cadre doit être clair et intégrer un certain nombre de mesures. Le cadre doit être suffisamment large pour que les personnes s’y retrouvent et qu’il soit cohérent avec la situation. Le poids des mesures et leur pertinence doivent être adaptés à la situation de l’entreprise. Mis ensemble, les propositions doivent être alignées ce qui permet d'atteindre les personnes motivées à changer leur comportement. Il ne faut pas se leurrer; certains ne voudront pas changer leur comportement. L’idée serait de construire un modèle avec accompagnement organisationnel et financier qui motiverait les gens.
Outils pour s’approcher de la « bonne pratique »
Établir un plan de mobilité peut se faire à l’interne ou en étant accompagné, ce qui permet de bénéficier du savoir-faire de cette aide externe ainsi que de son expertise. Parmi les outils qui peuvent être utilisés :
- Check up mobilité: il s’agit d’une intervention courte qui permet de montrer où l’entreprise se situe de déterminer l’écart avec la bonne pratique ou la pratique la plus courante.
- Importance du plan de mobilité: ce dernier peut se distinguer par sa taille, sa spécificité et son niveau de détail.
- Enquête participative: la parole donnée aux collaborateurs permet aux entreprises de se situer concrètement et d'imaginer les outils à déployer. Il s'agit ensuite de "monitorer" aussi les progrès effectués par rapport aux objectifs fixés.
- Moyens: ils déterminent les outils et marquent l'importance accordée à la mobilité en entreprise.
Autre lien
Présentation des résultats de l'enquête et étapes d'un plan de mobilité







