La Fonderie Blondeau : un savoir-faire ancestral au cœur de La Chaux-de-Fonds

La Fonderie Blondeau : un savoir-faire ancestral au cœur de La Chaux-de-FondsÀ la rencontre d’Aloïs Huguenin, artisan passionné qui perpétue l’art de la cloche entre tradition, précision et rayonnement international

    L’Association PME-CE a eu le plaisir de visiter la Fonderie Blondeau, située à La Chaux-de-Fonds, et d’y être accueillie par Aloïs Huguenin. Depuis 2018, ce dernier a repris les rênes de cette entreprise familiale et perpétue un savoir-faire unique en son genre.

    Fondée en 1926 par des artisans italiens originaires du Piémont, la fonderie produisait à ses débuts des chaudrons étamés, avant de se tourner vers la fabrication de cloches. Une tradition transmise de génération en génération : reprise ensuite par son grand-père Raymond Blondeau, puis par son père, l’entreprise conserve aujourd’hui des techniques de fabrication vieilles de près de 200 ans.

    Si autrefois la production était principalement destinée à l’agriculture, elle ne représente désormais plus qu’environ 5 % de l’activité. Aloïs Huguenin a fait du travail du bronze un art de la précision afin de proposer ses œuvres pour le grand public et pour les plus grands événements sportifs, à l’instar des Jeux olympiques dont il est le fondeur officiel. Mais son savoir-faire ne s’arrête pas là : il réalise également des cloches pour des anniversaires, des mariages, des expositions ou toute autre occasion spéciale. La fonderie produit aujourd’hui une quinzaine de cloches par semaine, chacune étant unique, et les visiteurs, souvent étrangers, sont particulièrement sensibles à cet artisanat typiquement suisse, ainsi qu’à la beauté du bronze et à la richesse de sa résonance.

    La fabrication d’une cloche est un processus exigeant qui comprend de nombreuses étapes. Tout commence par le moulage, une phase particulièrement technique : une cloche-modèle est placée dans un moule métallique, puis recouverte d’un sable argileux noir, appelé « sable de Paris », qui en épouse la forme en séchant. Les inscriptions et décorations sont ensuite réalisées à l’aide d’outils spécifiques munis de caractères en métal.

    Une fois le moule prêt, le bronze, chauffé à près de 1 200 °C, est coulé dans l’empreinte. S’ensuivent les opérations d’ébarbage, de sablage et de tournage, qui permettent d’affiner, de lisser et de polir la pièce. Au terme de ce travail minutieux, la cloche révèle tout son éclat, presque comparable à celui de l’or.

    Ce métier exige une grande précision, mais aussi une solide endurance physique et une vigilance constante. Malgré toute l’attention portée à chaque étape, environ 10 % des pièces présentent des défauts, liés notamment à des imprévus lors de la coulée. Ici, pas de machines sophistiquées : tout est réalisé à l’œil et à la main, dans le respect de la tradition.

    Autodidacte, Aloïs Huguenin a appris son métier sur le terrain, aux côtés de son père. Bien qu’il ait réalisé des cloches pour de nombreux événements sportifs de renom, comme le Tour de France ou les Jeux olympiques, ainsi que pour des personnalités telles que le tennisman Stanislas Wawrinka, il reste profondément attaché à la simplicité et à l’authenticité de son art.

    Les Membres PME-CE ont particulièrement apprécié cette visite hors du temps, au cœur d’un savoir-faire authentique et passionnant. Un grand merci également à Bernard Python, Atelier de l’Image, pour la qualité des photographies réalisées lors de cette rencontre.

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