La CNCI dit NON à l'initiative « Pas de Suisse à 10 millions !»

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    Lancée par l’UDC, l’initiative exige que la population résidente permanente de la Suisse ne dépasse en aucun cas les 10 millions d’ici 2050. Dans le cas contraire, le Conseil fédéral devrait dénoncer les traités internationaux relatifs à la population. Il devrait, en outre, prendre des mesures dès que la population permanente dépasse les 9,5 millions, notamment en matière d’asile et de regroupement familial. Enfin, la Confédération comme les cantons devraient garantir une évolution démographique durable qui protège l’environnement et soit dans l’intérêt de l’efficacité des infrastructures, du système de santé, des établissements de formation, de l’approvisionnement en électricité et des services sociaux. Le Conseil fédéral ainsi que le Parlement ont rejeté cette initiative.
     

    Les partisans présentent cette initiative comme une solution à de nombreux problèmes qu’ils identifient en rapport avec l’immigration massive: explosion démographique qui provient principalement de l’UE grâce à la libre circulation des personnes ainsi que d’Afrique et de pays musulmans avec des dizaines de milliers de demandeurs d’asile;  bétonnage de la nature;  hausse des loyers; pénurie de logements; embouteillages;  trains bondés. La perte de culture et d’identité ainsi que l’augmentation de la violence et de la criminalité sont aussi mis en avant. Les partisans pointent en outre la baisse de la qualité de l’éducation, causée par le nombre d’enfants allophones. Ils thématisent la problématique de l’immigration dans un Etat social. Enfin, ils argumentent que la Suisse s’urbanise avec l’immigration et que les espaces verts comme les terres agricoles disparaissent, mettant en danger notre approvisionnement en denrées alimentaires locales et produites de manière durable. 

    Arguments des opposants
    Pour ses opposants, l’initiative menace gravement la prospérité, le fonctionnement ainsi que la stabilité de la Suisse. Elle met premièrement en péril la voie bilatérale de la Suisse avec l’Union européenne ; en raison de la clause guillotine, si l’accord sur la libre circulation des personnes est dénoncé, l’ensemble des accords bilatéraux serait automatiquement abrogé. Cela concernerait notamment la libre circulation des personnes, mais aussi l’agriculture, la recherche, les marchés publics ou encore la suppression d’obstacles au commerce. 

    Dans le contexte géopolitique et commercial actuel, des relations stables avec l’UE, premier partenaire commercial de la Suisse, sont indispensables à la prospérité de la Suisse. Les opposants soulèvent ensuite que nous serons toujours tributaires de l’immigration de main-d’œuvre, qui fait partie de la solution pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre. En l’absence d’une immigration de travailleurs garantie par l’accord de libre circulation, il y aurait un manque de personnel et la prise en charge dans les institutions sociales, tout comme leur financement, risquent de s’effondrer. Les difficultés financières liées à l’AVS s’accélèreraient également, les travailleurs étrangers soutenant également nos assurances sociales sur le long terme. 

    Enfin, il faut souligner que l’immigration continuerait même si l’initiative était appliquée, par un système de contingents qui nécessite une augmentation de la bureaucratie et qui ne répond pas aux besoins des employeurs.

    La CNCI dit NON à l'initiative « Pas de Suisse à 10 millions !».

    L’initiative toucherait l’ensemble du tissu économique suisse, avec un impact particulièrement fort sur les secteurs recourant à de la main-d’œuvre étrangère, comme  les PME industrielles, les entreprises exportatrices, le domaine de la santé, le tourisme et l’innovation. Par ailleurs, les autres associations économiques faîtières et sectorielles (organisations patronales, associations d’employeurs, milieux du commerce et de l’industrie) et les organisations syndicales s’opposent à l’initiative qui constitue un risque majeur pour l’économie suisse, les PME, l’emploi et la prospérité.

    Autres prises de position

    Position d'economiesuisse

    Position de l'usam

    Position du Conseil fédéral

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